Love and drama

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J écris

je pense à toi et j'écris

je pense à l'idée du temps qui s'échappe

(l'idée du temps

le temps

ne peut être autre chose que présence ce que je vois ce que je pense le clavier de cette machine)

 

j'écris

 

la parole est une boîte à surprises toutes terribles je préfère voir

 

je pense

 

écrire

c'est une façon de voir

la parole c'est une manière de commencer à voir

j'écris voir je lève les yeux et je vois

une sacoche otomi

des formes géométriques

bordeaux sur fond blanc

qui toujours a été là et que je n'avais jamais vue

après avoir écrit je lève les yeux

et je vois

 

Beau mais désolé

le paysage mexicain lentement devient désert

sculpture en terre

la montagne exhibe en ses flancs

les empreintes des mains

d'un géant de génie les arbres poussiéreux

rapetissent et se convertissent en duvet de temps en temps un vent haineux

soulève un immense nuage jaunâtre

qui efface ciel et arbres

 

bientôt il ne restera plus rien que la terre nue et le vent enragé cet artiste infatigable

 

insatisfait qui crée et détruit une forme après une autre

En se référant aux paroles, tout vent est le même

comment parler de ce vent qui fait à peine bouger les

feuilles

à cette heure-ci dans ce lieu-ci à cet instant précis

et de la lumière du soleil qui soudain apparaît

faisant vibrer les atomes de la machine

le bruit de cette moto qui passe

pendant que dans l'effort pour distinguer ce vent

et ce soleil et cette soirée

je les confonds tous avec leurs prédécesseurs

les miens et ceux des autres

 

ainsi ce vent est une fois de plus tous les vents

et le soleil, une fois de plus tous les soleils

 

Je sens autour de moi une lente décomposition qui envahit tout

et ce n'est pas ce vieux jeu de la vie avec la mort ici il y a plus

une blessure gangrenée qui s'ouvre dans les regards dans l'arbre mutilé

sur le visage de cet enfant immobile devant un appareil dans l'ouie du monsieur qui écoute attentivement les

annonces

les unes après les autres jusqu'à attraper l'heure et dans la fille qui passe, à peine une enfant, les seins qui pointent, les yeux

perdus loin, loin, très loin

 

je n'achèverai jamais d'énumérer les signaux

de ce lent changement qui avance s'attaquant aux racines des yeux

 

envahissant les veines d'un monde humide luisant sorti à l'instant d'une matrice n'en finissant pas encore de naître maintenant une lente invasion de déchets ronge jusqu'aux arbres un désespoir envahissant s'en prend aux enfants de fortes vagues font chavirer les yeux